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Le Français dans le Monde
Franc-Parler
CAVILAM
 
22.11.2003

Paris-poème ou un mini recueil de poèmes sur Paris

 

«Si les grands poètes de Paris ont reçu beaucoup de la capitale, ils lui ont donné autant: la ville a changé de valeur et de sens avec leur œuvre»

(André Hardellet, préface de Paris, ses poètes, ses chansons, Paris, Seghers, 1977, p.8)

Au gré des rues et des quais

1
Saint-Placide
Priez pour nous
Saint-Germain-des-Prés
Priez pour nous
Saint-Denis
Priez pour nous
Notre-Dame-de-Lorette
Priez pour nous
Trinité
Sainte Trinité
Priez pour nous
Saint-Lazare
Priez pour nous
Saint-Antoine
Priez pour nous
Saint-Paul
Priez pour nous
Notre-Dame-des-Champs
Priez pour nous
Saint-Georges
Priez pour nous
Madeleine
Sainte Marie-Madeleine
Priez pour nous

- Et Réaumur, mon père ? Et Marboeuf ? Et Nation ?

André Salmon


2

Qui est là
toujours là dans la ville
et qui pourtant sans cesse arrive
et qui pourtant sans cesse s’en va

C’est un fleuve répond un enfant
un devineur de devinettes
Et puis l’œil brillant il ajoute
Et le fleuve s’appelle la Seine
quand la ville s’appelle Paris
et la Seine c’est comme une personne
Des fois elle court elle va très vite
elle presse le pas quand tombe le soir
Des fois au printemps elle s’arrête
et vous regarde comme un miroir
et elle pleure si vous pleurez
ou sourit pour vous consoler
et toujours elle éclate de rire
quand arrive le soleil d’été

Jacques Prévert


3

Les ponts jouent à saute-mouton,
Sur le fleuve aux reflets blonds.

Danse de pierre sur tapis d’eau,
Des géants traversent les flots.

L’heure s’effeuille et s’effiloche
A la lenteur des péniches.

Passe un bateau fleuri,
Traîne de poésie.

Rolande Causse


4
C’est la parade des grands monuments
Tour Eiffel Notre-Dame
La foule va et vient baguenaude des Champs-Elysées
à la Défense.
Elle flâne du côté de l’Ecole militaire
où les beaux zouaves ont laissé la place
aux embouteillages.
Dans les voitures il y a des gens qui habitent
dans de grandes tours le long des grands boulevards
et qui achètent mille choses dans de grands magasins
et puis vont flâner le long des quais
pour oublier les fumées des usines
qui polluent la Seine
et tuent les légumes dans les jardins de banlieue.
Sous les grandes gares – Gare de Lyon – Gare d’Austerlitz - Gare du Nord – Gare de l’Est – Gare Montparnasse
Le métro conduit aux musées
où derrière les vitrines lumineuses
la reine Karomama sourit avec ses lèvres orientales
et des jeunes filles rêveuses
vont acheter à la FNAC un album plein de photographies
de dieux et d’idoles qu’elles contemplent avec des yeux tristes
de somnambules urbaines.

André Laude


5
A Paris
Quand un amour fleurit
Ça fait pendant des semaines
Deux cœurs qui se sourient
Tout ça parce qu’ils s’aiment
A Paris
Au printemps
Sur les toits les girouettes
Tournent et font les coquettes
Avec le premier vent
Qui passe indifférent, nonchalant
Car le vent
Quand il vient à Paris
N’a plus qu’un seul souci
C’est d’aller musarder
Dans tous les beaux quartiers
De Paris
Le soleil
Qui est son vieux copain
Est aussi de la fête
Et comme deux collégiens
Ils s’en vont en goguette
Dans Paris
Et la main dans la main
Ils vous regardant en chemin
Si Paris a changé

Francis Lemarque


Magie des lieux

6
Paris est tout petit
c’est là sa vraie grandeur
Tout le monde s’y rencontre
Les montagnes aussi
Même un beau jour l’une d’elles
Accoucha d’une souris

Alors en son honneur
Les jardiniers tracèrent
Le parc Montsouris
C’est là sa vraie grandeur
Paris est tout petit

Jacques Prévert


7
Moi dit la cathédrale je voudrais être coureur à pied pour
pouvoir lâcher mes béquilles
Moi dit le pont je voudrais être suspendu pour pouvoir sauter
A la corde
Moi dit l’imagination je voudrais être riche pour pouvoir
emmener L’Anselme en vacances
Moi dit la Seine je voudrais être mer pour avoir des enfants
qui jouent dans le sable

Jean L’Anselme


8
A Denfert-Rochereau
Sur son socle là-haut
Un lion très comme il faut
Surveille les autos
Du matin jusqu’au soir
Il fait plaisir à voir
Image du devoir
C’est un lion sans histoires

Quand le temps est au beau
Le lion fait du vélo
Quand le temps est à l’eau
Il fait du pédalo
Il va voir ses amis
Les chevaux de Marly
Les lionceaux et les lions
Place de la Nation

Au milieu de la nuit
Le lion bâille et s’ennuie
Il saut de son socle
Il chausse son binocle
Il prend son parapluie
Et disparaît sans bruit
Dans les rues de Paris
La nuit les lions sont gris

Il revient au matin
D’un pas plus incertain
Il ôte son binocle
Il saute sur son socle
Et devient aussitôt
Un lion très comme il faut
Immobile là-haut
A Denfert-Rochereau

Comme un vieux Parisien
Le lion va le lion vient
Personne n’en sait rien
Mais en écoutant bien
On entend tout là-haut
A Denfert-Rochereau
Le gros lion qui ronronne
Ne le dis à personne

Jacques Charpentreau


9
Par la Seine un hippopotame
S’en vint un jour jusqu’à Paname.
Il descendit dans le métro,
Changea même à Trocadéro
Mais quand il fut à la Concorde,
Il s’écria: «Miséricorde !»
Et par la Porte des Lilas
S’en alla.

Jean-Luc Moreau


10
Mais oui, je suis une girafe
M’a raconté la tour Eiffel.
Et si ma tête est dans le ciel,
C’est pour mieux brouter les nuages,
Car ils me rendent éternelle.
Mais j’ai quatre pieds bien assis
Dans une courbe de la Seine.
On ne s’ennuie pas à Paris.
Les femmes, comme des phalènes,
Les hommes, comme des fourmis,
Glissent sans fin entre mes jambes
Et les fous, les plus ingambes,
Montent et descendent le long
De mon cou comme des frelons.
La nuit, je lèche les étoiles.
Et si l’on m’aperçoit de loin
C’est que très souvent j’en avale
Une sans avoir l’air de rien.

Maurice Carême


11
La nuit, un gardien se réveille en sursaut, il a entendu du bruit.
Mais il murmure en souriant : «Ce n’est rien, le fou rire de la
Joconde, ça la prend de temps en temps.»
Et se rendort tout content.

Jacques Prévert


12
C’est place de la Concorde à Paris
qu’un enfant assis au bord des fontaines
entre pas à pas au cœur de la nuit
fraîche comme l’eau claire des fontaines

Un enfant de nuit de rêve d’espoir
qui voudrait pouvoir lutter sans répit
contre son sommeil pour apercevoir
ses rêves de nuit venir à la vie

Toutes les voitures avec leurs phares
toutes les voitures tracent pour lui
des lignes de feu flottant dans la nuit
comme de longs fils de vierges où Paris
retient son cœur ses rêves ses espoirs

Jacques Charpentreau


Paris, je t’aime

13
Des milliers et des milliers d’années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d’éternité
Où tu m’as embrassé
Où je t’ai embrassée
Un matin dans la lumière de l’hiver
Au parc Montsouris à Paris
A Paris
Sur la Terre
La Terre qui est un astre

Jacques Prévert


14
Je descendais la rue Soufflot, quel âge avais-je, vingt-deux ans,
Sur les arbres du Luxembourg, la tour Eiffel au soleil couchant
Semblait faite de verre blond et poussiéreux,
Je ne recherche aucun détail, je crois voir briller des yeux,
Qui j’ai rencontré m’apparaît, la scène profonde se rouvre,
Le soleil du soir me guide de la Contrescarpe au Louvre,
Les cafés s’allument, je ferme un livre,
Je sens le délice et le supplice de vivre,
Les lumières font partout des espaces magiques,
L’amour inconnu se montre dans cette rouge musique,
Et le silence, le désert de la chambre où je rentrais tard,
Cette lampe que j’avais, phare de tous les départs,
Rien n’a sombré, tout grandit jusqu’au miroir de décembre,
Sur l’avenir s’ouvre toujours l’ancienne chambre.

Henri Thomas


15
Immense et rouge
Au-dessus du Grand Palais
Le soleil d’hiver apparaît
Et disparaît
Comme lui mon cœur va disparaître
Et tout mon sang va s’en aller
S’en aller à ta recherche
Mon amour
Ma beauté
Et te trouver
Là où tu es.

Jacques Prévert


16
Le soleil qui se lève
Et caresse les toits
Et c’est Paris le jour
La Seine qui se promène
Et me guide du doigt
Et c’est Paris toujours
Et mon cœur qui s’arrête
Sur ton cœur qui sourit
Et c’est Paris bonjour
Et ta main dans ma main
Qui me dit déjà oui
Et c’est Paris l’amour
Le premier rendez-vous
A l’île Saint-Louis
C’est Paris qui commence
Et le premier baiser
Volé aux Tuileries
Et c’est Paris la chance
Et le premier baisé
Reçu sous un portail
Et c’est Paris romance
Et deux têtes qui se tournent
En regardant Versailles
Et c’est Paris la France

Des jours que l’on oublie
Qui oublient de nous voir
Et c’est Paris l’espoir
Des heures où nos regards
Ne sont qu’un seul regard
Et c’est Paris miroir
Rien que des nuits encore
Qui séparent nos chansons
Et c’est Paris bonsoir
Et ce jour-là enfin
Où tu ne dis plus non
Et c’est Paris ce soir
Une chambre un peu triste
Où s’arrête la ronde
Et c’est Paris nous deux
Un regard qui reçoit
La tendresse du monde
Et c’est Paris tes yeux
Ce serment que je pleure
Plutôt que ne le dis
C’est Paris si tu veux
Et savoir que demain
Sera comme aujourd’hui
C’est Paris merveilleux

Mais la fin du voyage
La fin de la chanson
C’est Paris tout gris
Dernier jour, dernière heure
Première larme aussi
Et c’est Paris la pluie
Ces jardins remontés
Qui n’ont plus leur parure
Et c’est Paris l’ennui
La gare où s’accomplit
La dernière déchirure
Et c’est Paris fini
Loin des yeux loin du cœur
Chassé du paradis
Et c’est Paris chagrin
Mais une lettre de toi
Une lettre qui dit oui
Et c’est Paris demain
Des villes et des villages
Les roues tremblent de chance
C’est Paris en chemin
Et toi qui m’attends là
Et tout qui recommence
Et c’est Paris je reviens

Jacques Brel


Paris-blessure

17
J’ai le mal de Paris
De ses rues de ses boulevards
De son air triste et gris
De ses jours, des es soirs
Et l’odeur du métro
Me revient aussitôt
Que je quitte mon Paris
Pour des pays moins gris
J’ai le mal de la Seine
Qui écoute mes peines
Et je regrette tant
Les quais doux aux amants
J’aime me promener
Dans tous les beaux quartiers
Voir au Palais-Royal
Les filles à marier
Traîner à Montparnasse
De café en café
Et monter à Belleville
Tout en haut de la ville
Pour la voir en entier

J’ai le mal de Paris
Quand je suis loin d’ici
Me prend le vague à l’âme
J’ai le cœur qui s’ennuie
Et je rêve à cette dame
Dont les toits épanouis
Autour de Notre-Dame
Font des vagues infinies
J’ai le mal de la nuit
De la nuit de Paris
Quand les filles vont et viennent
A l’heure où moi je traîne
J’ai le mal des saisons
Qui poussent leur voiture
Dans les rues de Paris
Et changent sa parure
Le printemps va gaiement
Les arbres sont contents
Puis l’été se promène
Et c’est dimanche toute la semaine
Les feuilles tombent blêmes
J’ai le mal de Paris
Durant les jours d’hiver
C’est gris et c’est désert
Plein de mélancolie
Oui j’ai le mal d’amour
Et je l’aurai toujours
C’est drôle mais c’est ainsi
J’ai le mal de Paris

Mouloudji


18
C’est Paris ce théâtre d’ombres que je porte
Mon Paris qu’on ne peut tout à fait m’avoir pris
Pas plus qu’on ne peut prendre à des lèvres leurs cris
Que n’aura-t-il fallu pour m’en mettre à la porte
Arrachez-moi le cœur vous y verrez Paris

C’est de ce Paris-là que j’ai fait mes poèmes
Mes mots ont la couleur étrange de ses toits
La gorge des pigeons y roucoule et chatoie
J’ai plus écrit de toi Paris que de moi-même
Et plus que de vieillir souffert d’être sans toi.

Louis Aragon


19
Elle crèche cité Lénine
Une banlieue ordinaire
Deux pièces et la cuisine
Canapé frigidaire
Préférerait habiter
Cité Mireille Mathieu
Au moins elle sait qui c’est
Puis c’est vrai qu’ça f’rait mieux
Sur les cartes de visite
Qu’elle utilise jamais
Ça mettrait du ciel bleu
Sur les quittances de gaz

Elle habite quelque part
Dans une banlieue rouge
Mais elle vit nulle part
Y a jamais rien qui bouge
Pour elle la banlieue c’est toujours gris
Comme un mur d’usine comme un graffiti

Renaud Séchan


20
Je n’aime plus la rue Saint-Martin
Depuis qu’André Platard l’a quittée.
Je n’aime plus la rue Saint-Martin
Je n’aime rien, pas même le vin.

Je n’aime plus la rue Saint-Martin
Depuis qu’André Platard l’a quittée.
C’est mon ami, c’est mon copain.
Nous partagions la chambre et le pain.
Je n’aime plus la rue Saint-Martin.

C’est mon ami, c’est mon copain.
Il a disparu un matin.
Ils l’ont emmené, on ne sait plus rien.
On ne l’a plus revu dans la rue Saint-Martin.

Pas la peine d’implorer les saints,
Saint Merri, Jacques, Gervais et Martin
Pas même Valérien qui se cache sur la colline.
Le temps passe, on ne sait rien.
André Platard a quitté la rue Saint-Martin.

Robert Desnos


 
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